25 juillet 2018
Brooklyn, le film aux dialogues 100% improvisés
On a rembobiné le film de Pascal Tessaud pour comprendre comment cela a été possible.
Brooklyn, le film aux dialogues 100% improvisés

Sorti en 2015, le film Brooklyn, a une particularité carrément unique pour le cinéma français, voire le cinéma tout court : tous les acteurs principaux sont des rappeurs professionnels du freestyle et ils ont... improvisé tous leurs dialogues. On a rembobiné le film pour comprendre comment cela a été possible.

Réalisé par Pascal Tessaud, Brooklyn est un des rares films que l'on pourrait qualifier de « hip-hop » sans sombrer dans un raccourci facile. On suit le parcours de Brooklyn, héroïne éponyme passionnée de rap qui rêve de se faire un nom dans la musique. Fraîchement arrivée à Saint-Denis, elle évolue peu à peu au fil de ses rencontres avec les acteurs de la scène locale, des ateliers d'écriture et du milieu associatif, mais aussi, bien sûr, des autres rappeurs émergents.

C'est donc un gros coup de projecteur ultra-réaliste sur le milieu des open mics et des scènes ouvertes en tout genre auquel on a droit, sans fioriture. Le frisson de la première scène, la confrontation avec le public autant qu'avec ses pairs, le côté partage et transmission du hip-hop, tout y est. La logique du freestyle a été appliquée à absolument tous les aspects du tournage (la plupart du temps en mode système D, sans autorisation) mais aussi de la mise en scène et du jeu d'acteur.

C'est en effet le gros morceau de bravoure : fan de 8 Mile, le réalisateur a fait ce qu'il fallait pour que son film soit fidèle à l'essence de cette musique. Du coup, les amateurs de battles et concours d'impro français vont illico reconnaître la majorité du casting. L'actrice principale n'est autre que KT Gorique, rappeuse championne du monde End of the weak, rien que ça. Quant aux seconds rôles, on retrouve 2Spee Gonzales, Ra-fal Uchiwa ou encore Blade MC, tous habitués de l'impro. L'idée paraît folle, mais le cinéaste les a simplement « guidés » lors du tournage, leur indiquant des mots-clés et la direction générale que devaient prendre les scènes.

La discipline du freestyle est certes dure et exigeante, mais personne n'avait encore fait l'expérience de la mettre à l'épreuve de la fiction cinématographique. C'est désormais chose faite, et le résultat est un petit miracle de spontanéité. Avec n'importe quel autre casting, faire un film où tous les dialogues sont improvisés, c'est foncer droit dans le mur. Ici, aucun problème. À vrai dire, le réal se permettait même parfois de les forcer à faire des « flips » [quand un rappeur rebondit sur ce que vient de lui dire son adversaire en plein battle, nldr] à sa façon : lorsqu'il trouvait que l'impro tournait en rond, il balançait un nouveau mot sans prévenir personne et les rappeurs-acteurs devaient enchaîner à partir de là.

Si on ne peut pas vraiment dire que le film a touché le grand public, il a néanmoins connu une chouette carrière internationale et été acclamé dans de nombreux festivals. Comme quoi, nos improvisateurs eux-aussi ont du talent !

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