15 mai 2018
Comment produire une bonne instru pour un battle ?
Alors que les inscriptions pour le Red Bull Dernier Mot Beatmaking Camp viennent d'ouvrir, Nodey et MKL reviennent sur leur expérience de beatmakers pour la première édition de Red Bull Dernier Mot.
Comment produire une bonne instru pour un battle ?

Dernier Mot, ce n'est pas qu'un battle d'impro entre rappeurs, ou plutôt, c'est bien plus que ça. Les freestyleurs posent ici sur des prods originales, et non des faces B comme cela se fait la plupart du temps. Cette année, les choses se corsent un peu avec l'ouverture de la compétition aux beatmakers, qui vont être opposés de manière bien plus frontale que l'année dernière avant d'être sélectionnés. Darwin est passé par là, seuls les plus forts survivront : les beatmakers intéressés ont jusqu'au 20 mai pour envoyer leurs compositions et espérer placer un beat sur l'édition 2018 de Red Bull Dernier Mot.

En attendant, concentrons-nous sur les particularités de cet exercice de style. En effet, on ne produit pas de la même façon pour un concours d'impro live que pour des morceaux destinés à un projet discographique. Les amateurs de battles savent qu'en général ce sont plutôt des instrus classiques qui sont privilégiées, des beats tournant à 90 BPM sur lesquels le rappeur peut se poser sans problème.

Les beatmakers Nodey et MKL, présents sur Dernier Mot en 2017 (ils ont chacun livré 10 instrus), nous ont confié leur point de vue sur la chose. Le premier reconnaît volontiers la différence d'approche entre son travail en studio au calme et cette configuration : « Généralement, je ne bosse qu'avec des gens que j'apprécie humainement et artistiquement. Et je suis souvent en studio au même moment pour réaliser le titre. Ce qui m'arrive souvent, c'est de travailler l'instru en même temps que le rappeur écrit et enregistre. Du coup, c’est un peu contre-nature de bosser pour un battle, mais c'est justement pour ça que ça me plait. C'est une bonne occasion de sortir de sa zone de confort. »

Même son de cloche du côté de MKL, qui se souvient du type précis de beats demandés pour l’utilisation assez particulière que l’on en fait chez Dernier Mot : « Le brief était spécifique vu qu'il y avait des MC's qui allaient improviser dessus. Pas trop compliqué rythmiquement, pas trop d'éléments non plus, pour laisser de la place pour la voix. Il fallait plus des atmosphères "puissantes" que des démonstrations de beatmaker. Il a fallu prendre tout ça en compte. On a fait des allers-retours parce qu'à la base quelques prods étaient un peu surproduites et il fallait les remodeler pour qu'elles se fondent dans ce projet. »

À l’arrivée, il y a la satisfaction de voir ses productions domptées par des improvisateurs hors pair, un sentiment toujours assez fort pour le beatmaker. « Tous m'ont bluffé », lâche MKL. « Le simple fait de sortir 3 phrases d'affilée qui riment, pour moi, ça reste miraculeux. » Pour Nodey, c'est le processus créatif même qui se retrouve bouleversé par l'exercice : « Il y a une émulation autour du concept de battle, un truc qui réveille nos instincts primitifs mais au service de pulsions humaines plus nobles telle la créativité. Ça permet d'avoir un échange plus vivant. »

Et contrairement à ce que l'on pourrait penser vu de l'extérieur, les beatmakers eux aussi sont demandeurs de défis. MKL est un habitué de la chose : « J'ai fait pas mal de battles, dont le Beatmaker Contest, deux, trois fois, et le Beat Dance Contest. C'est ce qui m'a permis de faire mes armes et d'y être habitué. » Idem pour Nodey : « J'ai participé à plusieurs beatmaker contests à Colombes organisés par 92 Styles ainsi que les beatdance contests à la Gaité Lyrique dans le cadre du Paris Hip Hop. Il y a toujours un peu de pression avec la présence du public. » Car contrairement aux MC's ou aux danseurs, les beatmakers ont moins l'habitude d’être face à une foule. Cependant pas d’inquiétude : personne n'est huée et le gagnant check le perdant après le battle, dans le plus pur esprit hip-hop-courbertin : « Ça reste assez bon délire. C'est un peu zulu l'ambiance. Globalement, je pense qu'il y a moins d'égo chez les beatmakers que chez les danseurs ou Mc's, c'est un peu truc de geek introvertis le beatmaking. »

Alors, tenté par l'expérience ? Envoyez dès maintenant vos prods pour participer au Red Bull Dernier Mot Beatmaking Camp et enregistrer les prods qui serviront lors des qualifications et la finale du Red Bull Dernier Mot 2018. Toutes les informations sur cette page.

 

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