Leçon d’impro : SMR - Red Bull Dernier Mot
5 juin 2018
Leçon d’impro : SMR
On a demandé aux finalistes du Red Bull Dernier Mot de nous raconter comment ils se sont lancés dans l'impro.
Leçon d’impro : SMR

Faire de l’impro n’est pas donné à tout le monde, surtout dans le rap français où la plupart du temps un « freestyle » désigne un texte écrit à l’avance et posé sur une instru différente. La discipline peut sembler assez intimidante par son côté imprévisible, voire risquée face au public et aux autres rappeurs. Pas facile de se lancer dans ces conditions... On a donc demandé aux finalistes de Dernier Mot de nous raconter comment, eux, s'étaient jetés à l'eau.

Je fais du rap depuis le collège et assez vite j'ai commencé à regarder des vidéos de freestyles de rappeurs cainris qui m'ont impressionné. Plus tard j'ai revécu ça, côté français, avec les battles End of the weak. Je suivais ça derrière l'écran et j'avais l'impression d'arriver à en faire un peu... Mais bon, en vrai, c'était nul. [rires] À force de s'entraîner, c'est devenu plus facile. Je trouvais même ça plus simple qu'avoir un texte. Un texte peut s'oublier, ou ne pas être adapté à l'instru. C'est venu comme ça et je me suis perfectionné avec le temps.

Je fais une vraie distinction entre l'impro et le rap écrit. Limite, j'ai l'impression que ça fait travailler deux zones différentes du cerveau. Je comprends que des rappeurs ne soient pas du tout à l'aise en impro. C'est comme le golf et le tennis, ça se joue sur du gazon mais ça n'a aucun rapport. C'est ce feeling, que tu as (ou pas) dès le départ. Mais c'est aussi beaucoup de boulot : quelqu'un comme RES, tu vois que c'est devenu sa routine. Je sens bien que quand ça fait un certain temps que je n'ai pas fait d'impro, je suis un peu rouillé et les réflexes ralentissent.

À l'époque de Dernier Mot, j'ai fait tellement d'impro pendant plus d'un mois que j'ai soufflé un peu après. Là, ça fait quelques temps que je ne m'y suis pas remis et je sens bien que j'ai un peu perdu, même si ça se retrouve rapidement. C'est une sorte de sport mental, il faut garder un certain rythme. Bon je ne vois pas ça comme un sport à 100%, ça reste quelque chose de très léger, je m'y suis mis avant tout pour faire kiffer les potes en soirée. Mis à part durant Dernier Mot, où je me suis "échauffé", c'est resté toujours instinctif.

Ce qui est fort en impro... c'est qu'on peut s'auto-impressionner ! Ou se rétamer, d'ailleurs. Tu deviens ton propre spectateur et tu te surprends toi-même : quand tu arrives à faire un truc fort, tu as un certain détachement, tu ne contrôles pas tout, et c'est assez subjuguant. En fait, l’envie d’y aller, ça suffit ! Personne ne m’a donné de conseils, j’étais tout seul dans ma chambre et basta. Quand on kiffe un truc, tout devient naturel. Ça demande avant tout des bases en rap, comment se construit un couplet, comment gérer la métrique sur une instru… À partir de là, on peut réussir à tout calquer sur son propre langage et son rythme en impro. Et il ne faut pas avoir peur de se foirer !

L’impro c’est sans filet, moi ça m’est arrivé, les moments où je bafouille au micro, limite je ne peux pas revoir les vidéos [rires]. Mais il faut pas craindre le public, au contraire : c’est quand tu fais un freestyle devant 3 personnes que tu peux facilement manquer d’énergie. Alors que devant une foule, ça te booste, tu prends confiance en toi et c’est là que naissent les meilleures impros. C’est pile ou face. C’est pour ça que je l’aborde avec légèreté, ça permet d’évacuer le stress. Pour Dernier Mot, il y avait pas mal de pression mais on était tous là en mode partage, kiffeurs de son, ça rappait dans tous les sens, même en coulisses. C’est le plus important, le partage.

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