Leçon d’impro : Res Turner - Red Bull Dernier Mot
29 août 2018
Leçon d’impro : Res Turner
On a demandé au vainqueur du Red Bull Dernier Mot 2017 de nous raconter comment il s'était lancé dans l'impro.
Leçon d’impro : Res Turner

Faire de l’impro n’est pas donné à tout le monde, surtout dans le rap français où la plupart du temps un « freestyle » désigne un texte écrit à l’avance et posé sur une instru différente. La discipline peut sembler assez intimidante par son côté imprévisible, voire risquée face au public et aux autres rappeurs. Pas facile de se lancer dans ces conditions... On a donc demandé aux finalistes de Dernier Mot de nous raconter comment, eux, s'étaient jetés à l'eau.

Je me rappelle de mon tout premier battle en impro, c'était à Poitiers, en 2007, pendant le festival Hip-Hop & Co. J'étais nul, mais vu que le niveau général était bas, je suis quand même arrivé en finale. Il y a pas mal de MC’s qui m’ont impressionné et fait kiffer en impro, la liste pourrait être longue, mais pour faire court et, à l’instinct, je dirais : Philemon, Fleyo, Artik, 2ksee, Supernatural, Monke, Yoshi, Kenyon, Maras, Dajanem, ou encore KM… Pour ma part, tout ça est venu en m'amusant avec des potes. Puis très vite tu te laisses prendre au jeu, tu as envie de devenir meilleur. Tu te rends compte que tu as un "truc en plus". Et c’est de là que vient l'envie de progresser encore, de se confronter à des bon-ne-s improvisateur-ices. La prise de risque est intéressante, tu avances sans filet, c’est le plaisir du risque on va dire. Il y a un côté spectaculaire, pour le public comme pour toi, ça arrive souvent qu'on se surprenne nous-même en impro. Ce qui est fort c’est aussi le fait de ne pas être emprisonné par un texte duquel tu ne peux pas sortir. L'impro c’est aussi la liberté, tu changes de flow à volonté, tu ralentis, tu accélères, tu changes d’intonation... C’est un sport cérébral. Et comme tout sport, si tu ne pratiques pas, tu perds progressivement. Il fut un temps où j’improvisais tous les jours, à présent ça dépend : en ce moment si je tape une impro par semaine c'est déjà bien... J’aime beaucoup l’impro, mais plutôt avec des potes aujourd’hui, en soirée. Mon meilleur souvenir c’est la finale France End Of the Weak 2013 à Paris, avec Fleyo, Smr, 2ksee, Al20 et Arcane. En fait à l’inverse, je crois que je n’ai pas vraiment de mauvais souvenir, sauf les fois où je me suis fait arnaquer par des juges.

Une improvisation réussie est une improvisation qui marque le public, et au mieux une impro qui marque les improvisateur-rice-s, une impro dont on reparlera des années plus tard. Il faut s'entraîner, et se confronter au public, dans ta chambre avec tes potes, dans la rue, dans les open-mic. Ce qui permettra de gagner en confiance, en dextérité, en aisance. Tu dois être observateur, instinctif, vif, travailler ta diction, ton vocabulaire, sans oublier ton élocution, parce que c'est important que tout le monde comprenne bien ce qui est dit dans l’improvisation. Bon, forcément, le fait d'avoir un adversaire direct ajoute une pression supplémentaire lors des battles de rap, c’est normal. Personnellement, ça fait quelques années maintenant que je suis dans les battles, les compets, j’ai accumulé pas mal de titres, disons que je n’ai pas grand chose à prouver ou même à perdre. Mais la pression est toujours présente, sauf qu’elle est positive : elle instaure une certaine concentration.

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